Une chèvre avait un biquet,
Charmante petite bête,
Que de son mieux elle éduquait
Lui ne faisait qu’à sa tète.
Il était capricieux
Et d’humeur vagabonde
Voulant courir le monde
Et ne pensant rien qu’aux jeux.
« Mon petit, lui disait-elle,
Ne t’écarte donc jamais
Car les loups sont là, tout près. »
Biquet, aux avis rebelle,
Dès le lendemain
Partit du matin.
Tout joyeux d’être en route,
Il court, il saute, il broute.
Il rencontre un louveteau
Gros comme un petit agneau.
« Ah ! » dit-il, « comme il ressemble
A Tom, notre petit chien!
Dis, veux-tu jouer ensemble ?
— Oui, dit l’autre, je veux bien. »
Oh ! je connais votre mère
Allez, monsieur Biquet,
Vous êtes son portrait.
Venez-vous-en voir mon père,
Il parle souvent de vous. »
En jouant comme deux fous,
Les deux nouveaux camarades,
Après maintes galopades
Sont chez le loup, qui dit : « Enchanté de vous voir.
Car nous n’avions plus rien à croquer pour ce soir. »
Petits biquets, l’obéissance,
Des dents du loup garde l’enfance.