L'Alouette Paul Belouino (1812 - 1876)

C’est le rossignol de nos plaines,
Cette alouette au chant joyeux,
Qui monte, monte vers les deux.
Ecoutez ses notes lointaines.
Tout le jour on entend ses chants,
Car elle chante dès l’aurore,
Et le soir, on l’entend encore,
Quand la nuit envahit les champs.
C'est surtout quand le soleil brille,
Qu’on la voit monter au zénith,
Du ciel veillant sur l’humble nid
Où dort sa petite famille.
L’alouette, sur les blés mûrs,
Prélève tous les ans sa dîme;
Payez, payez-lui cette prime,
Cultivateurs, et soyez sûrs,
Qu’elle grossira votre gerbe.
Car l’alouette est un gardien
Veillant pour vous sur votre bien
Durant qu’il est encore en herbe.
Cette gardienne des sillons,.
Jusqu’à ce que le blé mûrisse.
Ne faut-il pas qu’elle nourrisse
Elle-même et ses oisillons?
En l'air, ainsi que l’hirondelle,
Sur le sol, comme les moineaux,
Elle détruit les animaux
Qui mangeraient l’herbe nouvelle,
Plus tard, le grain qu’elle produit.
Les insectes de toutes sortes,
Vers, pucerons, mouches, cloportes.
Constamment elle les poursuit.
Pourtant, c’est un oiseau qu’on chasse,
Grâce aux permis de nos préfets,
Avec plomb, filets et lacets.
Allez, supprimez-en la race,
Et vous verrez, bons paysans,
Chez vous, arriver la famine.
Moins d'oisillons pour la cuisine,
C’est plus de pain pour vos enfants.





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