De Dieu voulant changer la loi,
Des gens forts comme feu Gribouille,
Tous les jours, pleins de bonne foi,
Au chêne accrochent la citrouille.
Aux lieux où la Loire chemine.
Un préfet, grand réformateur,
Et surtout grand calculateur,
Voulut changer l’œuvre divine.
Il s’enquit de ce qu’un moineau
Mangeait de blé dans une année.
On lui répondit : « Un boisseau. »
Mon préfet, sur cette donnée,
Trouva qu’en son département
Deux cent mille boisseaux, peut-être,
Par ces oisillons devaient être
Mangés à notre détriment.
« Tous ces voleurs, je les supprime,
Qu’on détruise tous leurs nids
Et j’accorde une forte prime,
Contre leurs œufs ou leurs petits. »
On agit avec promptitude,
Tous les oisillons sont détruits.
Des insectes en multitude,
Dévorent tout, les blés, les fruits.
Notre homme avait fait la disette
Et pour protéger les sillons,
On racheta des oisillons.
L’œuvre divine était bien faite.
D’après cela, disons à tous, même aux préfets :
« À tenter mieux que Dieu, l’esprit humain s’embrouille.
Gare à ton nez, Gareau, si tu t’en viens jamais,
Au chêne, mon brave homme, accrocher la citrouille. »