Dans un trébuchet sur un toit
Un moineau s'était pris . Dame du voisinage
Certaine chatte, arquant son long corsage,
L'œil vif quoique mi-clos s'approcha de l'endroit .
S'étant couchée à côté de la cage
Elle se mit à respirer
Comme étant occupée en paix à digérer.
De côté, par moments, sans lever la paupière,
La fourbe d'un regard furtif
Inspectait la prison et le friand captif .
Après, comme agissant par façon familière
Ou simple curiosité,
Dans les fils du grillage elle essaya sa patte.
Le moineau, drille alerte et rien moins qu'hébété,
Se blottit dans un coin ; et d'autre part la chatte
Vit bien que l'oiseau , fût-il pris ,
Ne passerait jamais à travers le treillis .
« Cher petit , » lui dit-elle avec grande tendresse ,
Tu ne sais à quel point ton malheur m'intéresse .
Pour t'étrangler on va bientôt venir ;
Mais ne crains rien, je veux te secourir.
De mes deux pattes je soulève
Et retiens le couvercle. Attends ....
C'est fait ; envole-toi. Vive la clef des champs !
- Un moment, dit l'oiseau, faisons chose moins brève.
Que ma libératrice achève
De culbuter la trappe et se mette à deux pas .
Elle jouira mieux de ma fuite joyeuse. »
La chatte repartit : « Mon aide généreuse
Attire tes soupçons. Je referme. Non pas ! »
S'écria le moineau qui d'une aile rapide
Heurta la dame au nez et monta dans les airs .
Les chats ont le nez tendre, et la bête perfide
Avait perdu la carte en voyant cent éclairs .
Près d'elle mons pierrot, sur une cheminée,
Revint se délecter de son air déconfit.
« Nigaud ! » dit celle-ci d'une façon gênée .
S'effrayer sans motif est montrer peu d'esprit. »
L'évadé répliqua : « Je gage
Qu'à tes yeux nul jamais n'en eût eu davantage,
Si j'avais bien voulu te tenir lieu de rat.
Fine gourmande, eh ! eh ! je serais un bon plat. »
Trop fréquemment, hélas ! le méchant hypocrite
Sait esquiver la peine qu'il mérite .
Mais maintes fois du moins, bon point à rappeler,
Il voit rompre sa trame et trouve à qui parler.