Le Hérisson Paul Belouino (1812 - 1876)

Enfant, vois cette boule
Que là-bas ton chien roule
Du bout de son museau.
Prends garde à toi, Dacneau,
Qui s’y frotte s’y pique.
Les proverbes, dit-on,
Sont la sagesse antique.
Tu vois un hérisson.
Chaque poil de la bête
Est un dard fort aigu.
Tiens, l’agresseur s’arrête,
Il saigne, le vois-tu?
Il renonce à l’attaque.
De sa part c’est prudent :
Sous sa hère casaque,
L’autre craint peu sa dent.
Pourquoi la Providence
A-t-elle tant souci,
De bien mettre en défense
I/animal que voici?
C’est qu’elle sait, ma chère,
Les services qu’il rend
Aux produits de la terre.
Il est au premier rang
Des chasseurs qu’on voit faire
Aux vers, aux limaçons.
Incessamment la guerre
Au profit des moissons.
Eh bien, c’est triste à dire.
Partout nos paysans
Veulent le détruire.

Animaux malfaisants
C’est l’homme qui vous venge
En tuant l’ennemi
Qui vous chasse et vous mange.
Dévorez ses moissons, puisqu’il est votre ami.





Commentaires