Le phénix, venant d’Arabie,
Dans nos bois parut un beau jour :
Grand bruit chez les oiseaux ; leur troupe réunie
Vole pour lui faire sa cour.
Chacun l’observe, l’examine ;
Son plumage, sa voix, son chant mélodieux,
Tout est beauté, grace divine,
Tout charme l’oreille et les yeux.

Pour la premiere fois on vit céder l’envie
Au besoin de louer et d’aimer son vainqueur.
Le rossignol disait : jamais tant de douceur
N’enchanta mon ame ravie.
Jamais, disait le paon, de plus belles couleurs
N’ont eu cet éclat que j’admire ;
Il éblouit mes yeux et toujours les attire.
Les autres répétaient ces éloges flatteurs,
Vantoient le privilege unique
De ce roi des oiseaux, de cet enfant du ciel,
Qui, vieux, sur un bûcher de cedre aromatique,
Se consume lui-même, et renaît immortel.
Pendant tous ces discours la seule tourterelle
Sans rien dire fit un soupir.
Son époux, la poussant de l’aile,
Lui demande d’où peut venir
Sa rêverie et sa tristesse :
De cet heureux oiseau desires-tu le sort ?
Moi ! Mon ami, je le plains fort ;
Il est le seul de son espece.Le phénix, venant d’Arabie,
dans nos bois parut un beau jour :
grand bruit chez les oiseaux ; leur troupe réunie
vole pour lui faire sa cour.
Chacun l’observe, l’examine ;
son plumage, sa voix, son chant mélodieux,
tout est beauté, grace divine,
tout charme l’oreille et les yeux.

Pour la premiere fois on vit céder l’envie
au besoin de louer et d’aimer son vainqueur.
Le rossignol disoit : jamais tant de douceur
n’enchanta mon ame ravie.
Jamais, disoit le paon, de plus belles couleurs
n’ont eu cet éclat que j’admire ;
il éblouit mes yeux et toujours les attire.
Les autres répétoient ces éloges flatteurs,
vantoient le privilege unique
de ce roi des oiseaux, de cet enfant du ciel,
qui, vieux, sur un bûcher de cedre aromatique,
se consume lui-même, et renaît immortel.
Pendant tous ces discours la seule tourterelle
sans rien dire fit un soupir.
Son époux, la poussant de l’aile,
lui demande d’où peut venir
sa rêverie et sa tristesse :
de cet heureux oiseau desires-tu le sort ?
-moi ! Mon ami, je le plains fort ;
il est le seul de son espece.

Livre II, fable 12